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Psychologue, psychothérapeute, psychopraticien : quelles différences ?

Psychiatre, psychologue, psychothérapeute, psychopraticien : ces mots se ressemblent, mais ils ne recouvrent pas le même cadre. Certains titres sont protégés par la loi et supposent un diplôme précis ; d’autres ne le sont pas. Voici ce que prévoient les textes, ce que chacun peut faire ou non, et quelques repères pour choisir un praticien.

Quatre titres, quatre cadres

Le psychiatre

Le psychiatre est un médecin spécialisé en psychiatrie. Santé publique France rappelle que les psychiatres « peuvent faire un diagnostic, prescrire des médicaments, orienter vers un suivi psychologique ». Leurs consultations sont prises en charge par l’Assurance maladie, dans le cadre du parcours de soins. Un psychiatre peut aussi pratiquer la psychothérapie, mais tous les psychiatres ne pratiquent pas de thérapie.

Le psychologue

Le titre de psychologue est protégé par l’article 44 de la loi du 25 juillet 1985. Il est réservé aux titulaires d’un diplôme sanctionnant « une formation universitaire fondamentale et appliquée de haut niveau en psychologie », figurant sur une liste fixée par décret. En pratique, il s’agit d’une licence puis d’un master de psychologie. Le psychologue doit faire enregistrer son diplôme auprès de l’agence régionale de santé (ARS). Depuis juin 2024, cet enregistrement se fait dans le Répertoire partagé des professionnels de santé (RPPS), qui a remplacé l’ancien répertoire ADELI.

Le psychologue réalise notamment des évaluations psychologiques et des psychothérapies. Il n’est pas médecin et ne prescrit pas de médicaments.

Les séances chez un psychologue en libéral ne sont en général pas remboursées par l’Assurance maladie. Il existe une exception : le dispositif Mon soutien psy de l’Assurance maladie. Il prend en charge jusqu’à 12 séances par année civile chez un psychologue partenaire, à partir de 3 ans, en cas de souffrance psychique d’intensité légère à modérée. Depuis juin 2024, on peut prendre rendez-vous directement, sans passer d’abord par un médecin. La séance coûte 50 €, sans dépassement d’honoraires ; elle est remboursée à 60 % par l’Assurance maladie, et les 40 % restants peuvent être pris en charge par la complémentaire santé. Ce dispositif concerne uniquement les psychologues partenaires : il ne s’applique pas aux psychopraticiens.

Le psychothérapeute

Depuis la loi du 9 août 2004 (article 52) et son décret d’application du 20 mai 2010, l’usage du titre de psychothérapeute est réservé aux professionnels inscrits au registre national des psychothérapeutes. L’inscription est gérée par l’ARS. Elle suppose de valider une formation en psychopathologie clinique « de 400 heures minimum » et un stage pratique d’une durée minimale de cinq mois, avec des dispenses possibles pour les médecins, les psychologues et les psychanalystes enregistrés.

L’accès à cette formation est réservé aux titulaires d’un doctorat en médecine ou d’un master de psychologie ou de psychanalyse. Un psychothérapeute est donc, en règle générale, médecin, psychologue ou titulaire d’un master de psychanalyse. La liste des psychothérapeutes est publique et mentionne les formations suivies.

Le psychopraticien

Le titre de psychopraticien n’est pas réglementé : aucun texte ne fixe de diplôme ni de durée de formation pour l’utiliser. Les psychopraticiens se forment auprès d’écoles ou d’organismes dont les certificats ne sont en général pas des diplômes d’État.

Un psychopraticien n’est donc ni médecin, ni psychologue, ni psychothérapeute au sens de la loi, et ne peut pas se présenter comme tel : l’usage sans droit d’un titre réglementé est puni par l’article 433-17 du Code pénal.

Ce que le psychopraticien ne fait pas

Un psychopraticien ne pose pas de diagnostic et ne prescrit pas de médicaments. Ses séances ne sont pas remboursées par l’Assurance maladie et n’entrent pas dans le dispositif Mon soutien psy. Certaines mutuelles remboursent les séances de thérapie : vous retrouverez cette information dans votre contrat ou votre notice d’information.

Son accompagnement ne se substitue pas à un suivi médical. Lorsqu’une situation demande un avis médical, par exemple une question de traitement médicamenteux ou des symptômes qui s’aggravent, il doit vous orienter vers votre médecin traitant ou un psychiatre, et il peut travailler en complément de ce suivi.

Choisir un praticien, quel que soit son titre

Le titre renseigne sur le cadre légal, pas sur tout le reste. Quelques questions simples permettent d’y voir plus clair, et un praticien sérieux doit pouvoir y répondre sans difficulté.

La formation

Demandez quelle formation le praticien a suivie, dans quel organisme et sur quelle durée. Pour un psychologue ou un psychothérapeute, la loi fixe un socle minimal. Pour un psychopraticien, rien n’est imposé : c’est à vous de poser la question. Quel que soit le titre, les formations varient beaucoup : les masters de psychologie, par exemple, couvrent des spécialités et des orientations très différentes. N’hésitez pas à interroger le praticien sur son orientation et son approche de la thérapie.

L’approche et son niveau de validation

Le titre ne dit rien de la méthode utilisée. Santé.fr conseille de choisir un praticien « en fonction de son approche (cognitive et comportementale, psychanalytique ou autre) et des méthodes qu’il ou elle pratique ». Vous pouvez demander sur quelles études repose l’approche proposée et pour quelles difficultés elle a été évaluée. Santé publique France invite d’ailleurs à rester vigilant, car « certaines techniques ne reposent pas sur des bases scientifiques solides et n’ont pas de reconnaissance légale ».

La supervision

Santé.fr suggère aussi de demander si le praticien recourt à une supervision de son travail ou au partage d’expériences avec des confrères.

La transparence sur le tarif et les limites

Le tarif, la durée des séances et la prise en charge éventuelle doivent être annoncés clairement avant de commencer. Un praticien doit aussi pouvoir dire ce qu’il ne prend pas en charge et vous orienter vers un médecin ou un autre professionnel lorsque c’est nécessaire.

En cas d’urgence

Aucun praticien, quel que soit son titre, ne remplace les services d’urgence. Si vous avez des idées suicidaires ou si vous êtes inquiet pour un proche, appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide. En cas de danger immédiat, appelez le 15 (SAMU). Depuis l’étranger, où ces numéros ne sont pas joignables, composez le 112 dans l’Union européenne ou le numéro d’urgence local.

Mon statut

Pour ma part, je suis psychopraticien, formé aux TCC, à l’EMDR et à la thérapie des schémas ; mon parcours est détaillé sur la page Présentation, et le tarif et le déroulé des séances sur la page Infos pratiques.

Sources

  1. Loi n° 85-772 du 25 juillet 1985, article 44 (titre de psychologue) – Légifrance
  2. Loi n° 2004-806 du 9 août 2004, article 52 (titre de psychothérapeute) – Légifrance
  3. Décret n° 2010-534 du 20 mai 2010 relatif à l’usage du titre de psychothérapeute, article 1 – Légifrance
  4. Code pénal, article 433-17 (usurpation de titres) – Légifrance
  5. Les professionnels de la santé mentale – Santé mentale info service (Santé publique France)
  6. RPPS : de nouveaux professionnels bientôt enregistrés – ARS Centre-Val de Loire
  7. Santé mentale : trouver un psychothérapeute – Santé.fr
  8. Remboursement de séances chez le psychologue : dispositif Mon soutien psy – ameli.fr

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